Une coalition de procureurs généraux américains, dirigée par la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, a saisi la Cour suprême des États-Unis afin de défendre le maintien du Statut de Protection Temporaire (TPS) pour des centaines de milliers d’immigrants haïtiens et syriens.
Dans un mémoire amicus curiae, les responsables judiciaires dénoncent la tentative de l’administration fédérale de mettre fin à ce dispositif, qu’ils jugent lourde de conséquences humaines et économiques. Selon eux, la suppression du TPS menacerait directement la stabilité de nombreuses familles, tout en fragilisant les économies locales et l’avenir d’enfants citoyens américains.
Créé pour protéger les ressortissants de pays en crise – qu’il s’agisse de conflits armés, de catastrophes naturelles ou de situations politiques instables – le TPS permet à ses bénéficiaires de vivre et de travailler légalement aux États-Unis. Ce statut est accordé aux Haïtiens depuis 2010 et aux Syriens depuis 2012.
Aujourd’hui, environ 350 000 Haïtiens et plus de 6 000 Syriens bénéficient de ce programme à l’échelle nationale. Dans certains États comme New York, ces populations occupent des rôles essentiels, notamment dans les secteurs de la santé, des services et de l’entrepreneuriat.
Les chiffres avancés par la coalition évoquent également leur contribution économique significative: les bénéficiaires haïtiens du TPS injectent près de 3,4 milliards de dollars par an dans l’économie américaine, tandis que les Syriens contribuent à hauteur de 165 million de dollars annuels.
Au-delà des enjeux économiques, les procureurs généraux mettent en garde contre les conséquences sociales et humaines d’une éventuelle suppression du dispositif. Une telle décision contraindrait de nombreux bénéficiaires à choisir entre un retour vers des pays jugés dangereux ou une vie aux États-Unis sans statut légal, avec les risques que cela implique.
Par ailleurs, cette situation pourrait avoir des répercussions sur la santé publique et la sécurité, certains immigrants pouvant hésiter à consulter des services médicaux ou à coopérer avec les autorités par crainte d’expulsion.
Face à ces enjeux, la coalition appelle la Cour suprême à confirmer les décisions des juridictions inférieures qui ont suspendu la suppression du TPS pour Haïti et la Syrie, dans l’attente d’un examen approfondi de la légalité de cette mesure.



